Selon divers auteurs, (que nous remercions pour leur travail solitaire souvent et silencieux aussi et de longue haleine : un travail de bénédictin !)
cette abbaye a vu le jour en 1129 ou 1142.
Albert fut le premier abbé du monastère jusqu’en 1144.
1740 Construction de nouveaux bâtiments somptueux (ce qui a priori ne devrait pas être selon la règle de Saint Benoît)




Je mets en ligne des parties d’un travail universitaire, sur les abbayes cisterciennes de Lorraine, que j’ai écrit lors d’un DEA à l’université de la Sorbonne, sous la direction de Paul Benoît et de Michel Paris, professeurs médiévistes.
Voici le CV de la dame qui a écrit ce texte.
Il faut noter que Saint-Benoît-en-Woëvre, bien qu’actuellement en Meuse, était au Moyen Age situé dans un territoire appartenant à l’évêché de Metz mais enclavé dans celui de Verdun.
Il faudrait, pour mieux comprendre l’intérêt de cette situation, étudier l’importance et le rôle des voies de communication médiévales.
En effet, le village actuel de Saint-Benoît est traversé et divisé par un carrefour de routes menant à Metz, à Toul et à Bar-le-Duc.
Ces routes devaient exister au Moyen Age et relient les grandes cités de la région.
L’implantation de Saint-Benoît ne semble donc pas fortuite, d’autant plus qu’elle fait partie des toutes premières abbayes cisterciennes fondées en Lorraine. Les moines, qui dépendaient de l’évêque de Metz mais ce qui se sont implantés dans la région verdunoise, ont-ils constitué leur patrimoine dans l’enclave du diocèse de Metz ?
Quel rôle ont-ils joué dans cette partie du diocèse, isolé du cœur du temporel épiscopal situé bien plus au nord-est ?
Le site de Saint-Benoît est très humide et même marécageux, ce qui est une caractéristique de la Woëvre. C’est un essart gagné par les moines sur les forêts dont il reste des reliquats tout autour du site.
L’espace est relativement plat : les forêts sont à environ 230 m alors que l’abbaye est située à 224 m. Il n’a pas dû être facile de drainer ce site.
Il ne reste pratiquement rien de l’abbaye, à l’exception des ruines du château abbatial du XVIIIe siècle. Les fermes ont repris les emplacements des bâtiments et pratiquent la céréaliculture. Le village actuel est éclaté en quatre parts à cause du carrefour routier.
Le site est traversé par l’Yron, dont la vallée est très large et barrée, derrière l’abbaye, par une imposante digue, de plus de 300 mètres de long sur près de 2 mètres de haut, en terre. Cette digue devait sans aucun doute permettre une retenue d’eau, pour former un étang utilisé par les moines.

[1] La classe des propriétaires comprend le souverain, les possesseurs des terres et les décimateurs. Cette classe subsiste par le revenu ou produit net de la culture, qui lui est payé annuellement par la classe productive, après que celle-ci a prélevé, sur la reproduction qu’elle fait renaître annuellement, les richesses nécessaires pour se rembourser de ses avances annuelles et pour entretenir ses richesses d’exploitation.” (Quesnay, in Daire, 1846,58)